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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 08:48

 

Aller à la rencontre de la mangrove de Mayotte mérite vraiment le détour ! Même si parfois, on peste car elle est souillée par les déchets du village voisin, et cela malgré le nettoyage naturel dû aux marées (importantes à Mayotte : le marnage maximum atteint quatre mètres !).

 Toutes ces incursions dans ce monde vert perché sur échasses – non, pardon, sur racines - est fascinant et enchanteur. Tout y est calme, assourdi. On y croise le periophtalme, sorte de petit poisson amphibie caractéristique, le crabe violoniste avec son énorme pince, le crabier blanc, oiseau au long bec fin, le Terebralia palustris, un mollusque au cône pointu.

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le periophtalme on peut le voir sur le bord de la coco.

 

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Côté flore, règnent le palétuvier rouge, le manglier blanc – autre type de palétuvier, le plus terrestre – le manglier jaune. Mais celui qui est en première ligne, qui affronte les vagues de l’Océan est le palétuvier-fleur (« Sonneratia alba », de son nom scientifique). Plus précisément, la mangrove de Mayotte abrite sept espèces de palétuviers. Observez ces espèces de tubes qui sortent du sable tels des mini-tubas de plongeur : ils permettent aux racines de respirer.

La mangrove est une sorte de forêt tropicale qui s’épanouit entre mer et terre, dans des zones calmes et peu profondes, remontant le cours des fleuves tant que l’eau est saumâtre. Sa faune et sa flore sont très spécifiques. Elle couvre une superficie d'environ 150 000 km² sur notre planète, occupe les trois-quarts des côtes et deltas des régions tropicales et assure une excellente protection contre l'érosion et même les tsunamis. A Mayotte, minuscule île de 374 km2, la mangrove est forcément proche des zones habitées. Et donc menacée par les déchets et les coupes de ses palétuviers. Qui sait que la mangrove appartient au domaine public et donc « inaliénable » ? P1030469.JPG

 

C'est un milieu fragile, très sensible à la pression de l'activité humaine et à la pollution. Mais c'est un milieu qu'il faut préserver car, au-delà de l'intérêt biologique qu'il représente, il joue un double rôle dans la lutte anti-érosion. D'une part, la mangrove piège les sédiments et en empêche une très grande partie d'aller envaser le lagon et étouffer le récif, d'autre part elle atténue fortement l'action agressive de la houle envers le littoral. Enfin la mangrove est une pouponnière pour les carangues, mérous, crevettes qui viennent y pondre à l’abri.

 

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