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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 07:04
Voici une carte de Mada pour montrer ce que nous avons parcouru.
Nous sommes partis le jeudi 24 décembre vers de Lac Itasy, à l'ouest de Tana, près de Sakay sur la carte.
Pendant le séjour, nous sommes aussi partis vers l'est jusque Toamasina (Tamatave en Français) à environ 350 kilomètres de Tana en passant par Moramanga à 111 kilomètres de Tana.

carte-mada10.jpg
Le jeudi 24 décembre au matin, nous sommes allés nous faire masser sur Tana. Un massage de tout le corps pendant 45 minutes pour 2,50 euros... Il ne faut pas s'en passer ! Surtout que c'est l'un des massages les plus agréables que j'ai jamais eu (non, non, il n'y a rien eu de sexuel bien que nous soyions à Mada...).

bus-jesus.JPGSi ils le disent...
Il y a beaucoup d'inscriptions de ce style sur les taxis, les pousse-pousse,... Les Malgaches sont très croyants. Toutes les religions sont représentées avec une majorité de catholiques. Donc, cela a fait bizarre de ne pas être réveillés toutes les nuits vers 4H du matin par une mosquée !

Nous avons donc loué avec les amis de Tana un 4x4 (obligé avec l'état des routes...) pour une journée pour nous rendre dans la famille de Narindra passer Noël près du Lac Itasy. Sa famille tient une ferme a une centaine de kilomètres de Tana. Elle nous a expliqué qu'ils mettaient quasiment une semaine de marche pour aller vendre leurs récoltes à Tana : une sacrée vie !

C'est la 1ère fois qu'on est réellement sortis de Tana. Que c'est beau ! Des rizières de partout avec des teintes de vert toutes différentes. Nous n'avons pas pu nous arrêter car nous étions en retard et la nuit tombait mais voici quand même quelques photos en roulant.

DSCN1456.JPG

noel-paysage--12-.JPG

noel-paysage--27-.JPG
Pour le réveillon, nous avons mangé très simplement chez les parents de Narindra. Il n'y a pas de fête, ni de repas spécifique pour le réveillon. Nous étions juste les 4 avec ses parents. Un repas très simple avec du porc de la ferme excellent et bien évidemment du riz (à tous les repas ici : quand on vous sert un steack-frites, on vous met un bol de riz avec...) : cela fait bizarre de manger du porc. On n'en trouve rarement à Mayotte, religion oblige... Ils nous ont fait boire à la fin du repas du jus de riz : de l'eau chauffée dans la casserole avec le riz qui a grillé sur les bords de la casserole. Il paraît que c'est très bon pour l'estomac ! ca tombé bien pour moi...

Ensuite, nous sommes allés à la messe. C'était un petit village. Tout le monde était à l'église (300 personnes environ). Nous étions évidemment les seuls Vazahas (blancs). Ils ont été honorés de notre venue. Le maire nous a accueilli et nous a fait une place à ses côtés ! L'église n'était que 4 murs en béton, des taules comme toit et de la terre au sol. En tout cas, la chorale était magnifique (messe très agréable à vivre même si le curé parlait en Malgache car 90% de chants) et tous les enfants étaient émerveillés. Nous sommes partis de la messe avant la fin : dodo vers 22H30.
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 06:50
Un 1er article avec des extraits du discours de Sarkozy. Les réactions dans un 2nd article.

" Il aura fallu que vous attendiez cinquante et un an pour que les autorités de la République entendent votre revendication de devenir un département de France. (...) De grandes personnalités mahoraises ont, depuis, attaché leur nom à ce combat. Je pense bien sûr à l'action des "chatouilleuses" Zeïna M'déré, Zaïna Méresse et toutes celles qui ont prolongé leur combat. Ces femmes de Mayotte proclamaient : "Nous voulons être Français pour être libres !". On ne peut imaginer plus bel attachement aux valeurs de la République. Je veux, aujourd'hui, leur rendre le juste hommage qui leur est dû."


" Vous êtes Français depuis 1841, c'est-à-dire depuis plus longtemps que Nice ou que la Savoie. Je ne l'oublie pas, et c'est pour cela que j'ai tenu à faire la départementalisation. "


" Lors du prochain renouvellement du conseil général, en 2011, Mayotte deviendra donc, officiellement, le 101e département français. "


" Certains changements concrets auront toutefois lieu avant 2011. Ainsi, dès cette année, les foyers mahorais bénéficieront des 10 chaînes de la Télévision numérique terrestre, au lieu de la seule RFO aujourd'hui. C'est aussi cette année que sera revalorisée l'allocation minimum vieillesse et l'allocation adulte handicapé. "


" Mais la départementalisation, c'est aussi plus de responsabilités. Je ne peux pas ne pas revenir sur les incidents qu'a connus Mayotte le 2 décembre dernier. Je suis ici pour vous dire la vérité, ces événements ont fait beaucoup de mal à Mayotte. L'opinion publique métropolitaine n'a pas compris qu'alors que Mayotte accédait au statut de département de France, certains Mahorais s'en prennent ainsi aux symboles de la République de la manière la plus violente et, je veux le dire très clairement, la plus intolérable qui soit. Un gendarme a été grièvement blessé par un jet de grenade. Il a failli mourir, son pronostic vital a été engagé pendant quelques heures. (...) Je souhaite que les responsables et les éventuels organisateurs de ces débordements - quel que soit leur rang - soient recherchés, jugés et punis. "


" Plus de responsabilités, c'est aussi une plus grande liberté laissée à vos élus locaux. Vous connaissez la situation financière du conseil général de Mayotte, qui est passé selon la Chambre régionale des comptes de 86 millions d'excédents budgétaires en 2004 à 92 millions de déficit aujourd'hui. Cela non plus, dans un département français, n'est pas acceptable.  "


" A Mayotte, plus d'un tiers de la population est en situation irrégulière. Les filières qui organisent la traversée maritime des migrants clandestins sur les "kwassas-kwassas" sont directement responsables de plusieurs morts tous les ans.

Nous avons beaucoup fait, depuis 2002, pour enrayer ce phénomène : en tant que ministre de l'Intérieur, je vous avais promis un hélicoptère, il est là. Je vous avais promis un 3e radar, il est opérationnel et nous allons en installer un 4e pour couvrir toute l'île. (...) Grâce à ces nouveaux moyens techniques et au travail remarquable des policiers, des gendarmes et de la marine, près de 20.000 étrangers en situation irrégulière ont été éloignés en 2009 ! C'est presque autant que pour tout le territoire métropolitain ! Et c'est cinq fois plus qu'en 2002. On arrête également 20 fois plus de passeurs qu'en 2002, et on intercepte 40 fois plus de kwassas-kwassas ! "


" Qu'il me soit permis toutefois de dire un mot sur le projet de piste longue de l'aéroport de Pamandzi. Je l'avais écrit dans ma Lettre aux Mahorais, et je suis aujourd'hui encore convaincu que cette infrastructure est essentielle pour le développement économique de Mayotte. Elle permettra à l'île de pouvoir accueillir des touristes en provenance directe de l'Europe, sans passer par la Réunion située, je le rappelle, à 1.400 kilomètres. Avec un nombre de passagers qui a été quasiment triplé en 10 ans pour atteindre aujourd'hui quelque 250.000, la croissance formidable de la population mahoraise et la dynamique de la départementalisation, personne ne peut soutenir que les infrastructures actuelles sont adaptées aux besoins de Mayotte. "

" Il faut donner à votre territoire les mêmes atouts dans le domaine aérien. Dans les semaines qui viennent, les premières études opérationnelles seront lancées, afin de préparer la déclaration d'utilité publique en 2011 et le lancement des travaux en 2012. Ceux-ci vont durer trois ans, pour une ouverture du nouvel aéroport avec sa piste longue en 2015. (...) On me dit qu'une compagnie aérienne serait en capacité de faire atterrir des 777, c'est-à-dire des vols long-courriers assurant la liaison directe avec Paris, sur la piste actuelle de Mayotte. J'ai demandé à la direction générale de l'aviation civile d'expertiser cette proposition. Si celle-ci s'avérait faisable, alors les objectifs de la piste longue sur le transport direct des touristes et des Mahorais, ainsi que du fret, pourraient être atteints bien avant 2015. Il s'agirait d'un coup d'accélérateur formidable pour le développement économique de Mayotte, puisque les premiers avions pourraient atterrir dès la fin de l'année 2011 à Pamandzi. L'Etat accompagnerait cette initiative, en utilisant éventuellement la défiscalisation, et en restant vigilant sur le niveau des prix des billets d'avion proposés. "


" Autre point de la lettre programme aux Mahorais, et je sais que tous y sont particulièrement attachés, la création d'une antenne universitaire permettant aux jeunes bacheliers mahorais de pouvoir continuer, sur place, leurs études jusqu'à Bac+2. Je rappelle que nous parlons là de 1.000 bacheliers par an, chiffre en hausse constante depuis quelques années, ce dont je ne peux naturellement que me réjouir. Nous avons beaucoup travaillé pour y arriver, et j'ai le plaisir de vous annoncer que cette antenne accueillera ses premiers étudiants à la rentrée 2011. "


" Enfin, pour lutter contre la malnutrition des enfants, j'ai souhaité que la Prestation d'aide à la restauration scolaire soit doublée cette année, afin de donner à tous les élèves scolarisés une collation équilibrée, qui constitue parfois le seul repas de la journée. "

" Il faut que ce câble [du haut débit] soit opérationnel d'ici fin 2011, et que le réseau interne de l'île soit prêt, pour cette date, à accueillir ces nouvelles capacités. "
" Mais le lagon, c'est aussi un formidable potentiel de développement pour l'activité touristique à Mayotte. Il faut que les acteurs économiques mahorais se saisissent de cette opportunité fantastique et proposent des offres hôtelières plus étoffées, cherchent des accords avec des tour-operators pour mettre en place des circuits combinés avec d'autres destinations dans la zone, créent des circuits touristiques attractifs. Avec moins de 40.000 touristes par an, dont 10.000 seulement se rendent sur l'île à des fins exclusives de loisir, Mayotte demeure en effet très en deçà de son potentiel d'accueil. "
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 07:02
Le rapport d'activité des services de l'Etat de Mayotte vient d'être publié pour l'année 2008. En voici quelques données :

- Le service de lutte anti vectorielle de la direction des affaires sanitaires et sociales (DASS) de Mayotte a contrôlé le paludisme endémique et limité l’apparition et l’extension d’arboviroses (maladies virales transmises par des arthropodes).
En 2008, près de 72 000 logements ont ainsi fait l’objet d’un traitement, soit l’équivalent d’un peu moins de 2 traitements annuels par logement. Il y a eu 410 cas de paludisme signalés au service (564 cas signalés en 2007, soit une baisse de 27 %). Par conséquent, seule 0,2% de la population était touchée par le paludisme en 2008 et sans doute encore moins en 2009. Les cas se situeraient dans le Nord de Grande Terre.
Pour lutter contre les moustiques nuisants, les gîtes larvaires de l’île sont traités toutes les 3 semaines.

- La population était de 160 000 habitants en 2002. Elle est de 186 000 habitants en 2007 (clandestins non comptabilisés : ils seraient de l'ordre de 20 000).
La population mahoraise est particulièrement jeune, les moins de 20 ans représentant plus de la moitié de la population, et la moyenne d’âge de la population est de 22 ans.
La population active représente environ 56 600 personnes, soit 28 % de la population totale.
Depuis 2002, Mayotte compte en moyenne 1 400 actifs supplémentaires chaque année. Le
taux de chômage s’établit à 26 %, en baisse de 3 points par rapport à 2002.
Enfin, les conditions de logement des ménages modestes restent précaires, même si les taux d’équipement et le confort domestique ont globalement progressé.

- Au cours de l’année 2008, les prix à Mayotte ont augmenté de 5 %. Ce sont les prix du poste « Produits alimentaires et boissons » qui ont connu l’augmentation la plus importante (+ 10,9 % sur l’année 2008).
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 06:35
Le mercredi 23 décembre, nous avons pas mal zoné dans Tana à aller voir les lieux conseillés par l'Office de Tourisme. A vrai dire, les actions pour le tourisme sur Tana sont faibles. L'Office de Tourisme est bien caché... Et il n'y a pas grand chose de spécifique à voir. Le mieux est d'aller où va la foule pour voir comment ils vivent : des marchés à n'en plus finir, très pollués et très serrés (cela se bouscule de partout : idéal pour le pick-pocket !). La plupart des chambres d'hotel ont un coffre-fort pour ne pas se promener avec trop d'argent et d'objets de valeur.

Nous sommes allés au Rova : le palais du roi sur l'une des 12 collines. Il était fermé pour rénovation mais la vue y est belle :

antananarivo-vue--9-.JPGLe stade de foot avec le Lac Anosy derrière. Cela correspond au centre ville de Tana.
On peut voir des rizières au fond.

antananarivo-vue--10-.JPGPrise de vue du même endroit mais dans une autre direction : c'est vraiment vallonné et très vert comme ville (dommage qu'il y ait des nuages et que la photo soit floue...)

antananarivo-lac-anosy-.JPGLe Lac Anosy avec beaucoup de SDF autour : ne surtout pas fréquenté dès la nuit tombée !

cabine-tel.JPGUne cabine téléphonique : une dame avec un téléphone fixe sous un parasol qui fait payer les communications...
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 16:17
la population scolaire de 1973 à 2009 - Une scolarisation récenteVoici les données que le Vice-Recteur, M. Cirioni vient de fournir :
"Nous achevons la préscolarisation cette année avec l'accueil de tous les 3 ans à la rentrée prochaine."
Depuis 2002 le pourcentage d'une génération qui atteint le bac est passé de 17 à 39% - encore loin des 80% et quelques de Métropole -, mais en sachant que le premier bac "mahorais" date de 1984.
Les statistiques montrent qu'en 2009 le nombre moyen d'élèves par classe est de 30 en maternelle et 26 en élémentaire.

Le document précise que "le nombre d'entrants au CP ayant échappé à la préscolarisation diminue mais reste préoccupant : 12,5% en 2009". Un taux élevé que M. Cirioni impute aux manquements de l'état civil et surtout à l'immigration clandestine. "Tous les enfants de 4 et 5 ans déclarés à la mairie sont scolarisés. Bien sûr il en reste dans les rues qui ne vont pas à l'école, mais ils ne sont pas connus de notre administration."

 

Le niveau des instituteurs stagiaires a également augmenté, en 2009 un peu plus de la moitié des reçus au concours sont niveau bac+3 et au-delà.

Les derniers chiffres sont connus, mais démontrent toujours le gigantisme de l'administration qui reste le plus gros employeur de l'île avec cette année 5.428 salariés et un budget 2009 de 245,5M€.

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 16:08
Le président se rendra à Mayotte lundi 18 janvier 2010 et prononcera un discours à Mamoudzou, la capitale de l'Ile au Lagon.

Ce discours est très attendu par une population qui s’est exprimée massivement à plus de 95% pour le oui à la Départementalisation de son île, lors du référendum du 29 Mars 2009.

Les résultats des référendums qui viennent d’être organisés dimanche dernier 10 janvier 2010 à la Martinique et à la Guyane confortent les Mahorais dans leur volonté de passer du statut de collectivité départementale à celui d’un département d’Outre mer .

Les Martiniquais et les Guyanais viennent de rejeter tout changement de leur statut actuel et ont confirmé le choix de se maintenir de département d’Outre Mer conformément à l’article 73 de la constitution.

 

Afin de permettre aux Mahorais qui le souhaitent d'écouter le discours du Président, tous les bus de ramassage scolaire seront réquisitionnés. De ce fait, les écoles n'ouvriront pas leurs portes ce jour-là.

 

On aura l'occasion d'aller l'accueillir comme il se doit !

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 18:40
Beaucoup de Vazahas nous avaient déconseillé de le prendre pour des raisons de confort et de pick-pocket mais nous n'avons pas pu nous empêcher d'y goûter pour vivre comme les gens du pays. Nous nous sommes donc véhiculés en taxi-bus dans Tana. Le problème est qu'on ne connaissait pas les lignes et que les arrêts de bus ne sont pas signalés... Heureusement qu'une partie de la population comprend le Français. Il suffisait de leur dire où on voulait aller et ils nous disaient quel numéro de ligne prendre et à quel endroit.

Les taxi-bus de ville sont plus ou moins bien entretenus et on nous bourre dedans un peu comme de la viande. Il y a toujours un homme derrière, qui se tient accroché et qui encaisse l'argent. On lui indiquait à chaque fois où on voulait descendre. Une âme charitable lui traduisait à chaque fois en Malgache pour qu'il comprenne.

taxi-bus.JPG

Nous en sommes à chaque fois sortis un peu tassés mais toujours à bonne destination et sans avoir subi de pick-pocket : on était bien vigilant à nos affaires. C'est plutôt le mal des transports que l'on a un peu subi, vu l'état des routes et la conduite sportive...


taxi-bus--2-.JPG
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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 16:22
Nous nous réveillons donc le mardi 22 décembre au matin dans notre chambre d'hôte chez les Pakistanais, en face du Zoo de Tsimbazaza. La grille devant le restaurant au rez-de-chaussée est fermée ! Les gérants nous expliquent qu'ils s'attendent à des émeutes aujourd'hui car il y a l'Assemblée Nationale juste à côté et qu'ils ferment : ils ne nous auraient pas gardés une nuit de plus. Nous sortons donc par une porte dérobée. Ils nous disent juste de ne pas redescendre la rue car l'Assemblée Nationale est 300 mètres plus bas. Le décor est planté.

Nous visitons donc le zoo tout le matin. Vers 14H, nous le quittons. Nous remontons la rue pour redescendre par un autre quartier. Aucun véhicule, aucun taxi, aucun taxi-bus de ville ne circulent. Bizarre...

Nous redescendons donc vers le centre-ville en ayant contourné de 2 bons kilomètres le quartier de l'Assemblée Nationale. Plus nous avançons, plus nous sentons de la tension dans les rues : des gens agités, qui marchent d'un pas rapide, qui se regroupent pour écouter la radio, qui nous dévisagent. Nous sommes les seuls Vazahas (hommes blancs) mais nous ne sommes pas surpris : il n'y a quasiment pas de touristes à Tana. On se sent quand même de plus en plus observés. A un moment, on arrive à un carrefour et une foule de personnes va en contresens. L'un d'entre eux nous dit de rebrousser chemin car il y a des jets de pierre un peu plus loin. On retourne donc. Une dame vient vers nous en nous disant de partir vite car il y a un gros risque de se faire dépouiller. Un groupe commence à se constituer autour de nous... Nous repartons sur un bon rythme cette fois-ci en évitant de regarder les gens pour ne pas qu'ils se sentent offensés.

Après un 1/4 d'heure de marche, nous tombons sur un taxi qui veut bien nous prendre mais en gonflant bien les tarifs vu la situation dans laquelle on est : Vazahas au milieu d'un quartier bouillonnant. Nous sommes obligés d'accepter. Direction l'Ambassade de France.

Nous signalons donc à l'Ambassade ce que nous avons vu. Ils prennent en compte ce qu'on leur dit et se renseignent auprès du Consulat. Ils vont suivre l'évolution de la situation pour voir ce qu'ils font des ressortissants français sur Tana. Ils informent dans un 1er temps tout le monde par texto de ne pas traîner dans le quartier de Tsimbazaza.

C'est en lisant la presse du jour que nous avons compris ce qu'il se passait :

" Rentrée parlementaire sous tension

Alors que les membres du Congrès de la Transition désignés par les trois mouvances Ravalomanana, Zafy et Ratsiraka sont convoqués ce jour à Tsimbazaza pour une première réunion, l’incertitude la plus grande pèse sur la tenue effective de cette réunion.

En effet, les autorités en place ont promulgué l’abrogation de la Charte de Maputo et de l’acte additionnel d’Addis Abeba et ont annulé en conséquence les pouvoirs de Mamy Rakotoarivelo en tant que Président du Congrès. De fait, celui-ci a été empêché d’accéder ce lundi au palais de Tsimbazaza. En effet, le lieu était fortement gardé par des militaires. On ne sait si les démarches des trois mouvances auprès du Conseil d’État (voir article par ailleurs) seront suffisantes pour lever ce blocage.

Les manifestants du Magro, mobilisés ce jour pour manifester leur solidarité avec « leurs » membres du Congrès, pourraient également entrer en jeu dans cette équation complexe. "

 

Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès de la transition, sera mis en sécurité dans un lieu tenu secret à Madagascar


C'est en lisant la presse du lendemain que nous nous rendons compte que la situation était assez chaude :

"Tirs à balles réelles

Les militants des 3 mouvances ont fait une marche ce matin vers le Palais de Tsimbazaza pour installer les 156 députés des 3 mouvances dans l’hémicycle.

Il y a eu des tirs à balles réelles sur la population civile. Les forces de répression à la solde des putschistes s’attaquaient aux innocents de façon aléatoire ou à la tête du client.

Le bilan provisoire à cette heure ci est d’au moins un mort, une personne capturée, 6 blessés, 2 personnes opérées. Par ailleurs, une femme député de la mouvance Ratsiraka a été évacuée à l’hôpital Ravohangy-Andrianavalona d’Antananarivo."


" Gaz lacrimogènes au cyanure


Nous apprenons que la répression perpétrée par les putschistes s’effectue avec des gaz lacrymogènes au Cyanure. Nous nous sommes laissés dire que ceci est totalement interdit par la règlementation internationale. Mais des putschistes qui répriment leur propre peuple avec la complicité de grande puissance ont-ils à faire avec la règlementation et les lois? Seule la logique des armes accompagnée de violences sur des innocents a cours.


Des barrages sont en train de s’ériger en plusieurs endroits comme Marohoho, Manakambahiny et Ankadimbahoaka. Il est à noter que le rond-point de Tsimbazaza a été bouclé par des militaires lourdement armés depuis des heures et que les tirs de lacrymogènes ont commencé à cet endroit.

Le colonel Ravalomanana en tenue d’apparat poursuit les civils jusque dans les rizières."

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 17:05

Long de 223 m, il accueillait dès jeudi son premier navire, le « Consistence ».

 

Une accalmie de 3 heures dans la période de vigilance de fortes pluies aura permis le bon déroulement des festivités de l'inauguration du nouveau quai.

 

Cette inauguration du second quai intervient 17 ans après la mise en service du premier. Longoni devient ainsi, et avec l’aquaculture, le centre névralgique de l’économie de l’île. 4 brochettis, un snack et des restaurateurs seront installés sur le site.

 

Le trafic est passé de 132 milles tonnes en 1996 à 242 milles tonnes en 2006, nécessitant l’agrandissement du port, l’amélioration d’accueil des navires et les conditions de stockage des marchandises.

Ce nouveau quai permet un potentiel de développement économique, ce qui ne fut pas un long fleuve tranquille avec notamment des difficultés géotechniques et le choix d’un gestionnaire d’exploitation.

Soulignant l’accroissement de l’activité fret et transbordement, le Préfet a déploré le tonnage encore faible, lié à la concurrence proche de Maurice, devenu port franc. Il cible sur un trafic de 800 milles tonnes à l’horizon 2010, reprenant la phrase du président de l’Union maritime, « faire de Mayotte le Singapour du Canal du Mozambique ». « Il faut également une étude de bathymétrie (études des profondeurs marines, ndlr) fiable pour que le terminal pétrogazier fonctionne au mieux ». Ce quai ne dispose effectivement pas de la profondeur annoncée.

Hubert Derache confirmait par ailleurs « l’accueil des croisiéristes à Longoni, avec l’arrivée du « Sinfonia » sur le 2ème quai en mars 2010. Koungou devient ainsi « la porte de Mayotte », avec en plus le projet de liaison maritime inter îles en cours ».

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 14:25
Après avoir aidé les amis dans leur pub tout le dimanche, nous sommes allés faire les courses au plus grand marché de Tana le lundi matin à l'aube pour refaire les provisions du pub. Que de monde au marché. Des enfants se proposent (ou plutôt s'imposent) pour être porteurs de tous les sachets de provisions. Un enfant a donc été porteur pour nous. Malheureusement, il se fera racketter le billet que nous aurons donné à l'issue de la course : c'est ce que nous avons aperçu en partant avec le taxi...

Nous sommes partis en baroude le lundi après-midi, en prenant le taxi ville (mini bus qui fera l'objet d'un article avec le taxi brousse).

Nous avons dormi le lundi soir dans une chambre d'hôte chez des pakistanais.

Le mardi matin, nous avons visité le zoo de Tsimbazaza, dans la ville.

antananarivo-zoo-tsimbazaza---12-.JPGCela a le mérite d'être clair : c'est 25 fois plus cher pour les touristes. C'est partout comme cela à Mada et c'est très bien : cela donne accès à la culture aux locaux et permet d'amortir les investissements par le prix d'entrée des touristes. La monnaie est l'Ariary. 1 euro = 2 750 Ariary environ. Cela fait des liasses énormes de billets ! Il existe des billets de 100 Ariary = 3 cents d'euros environ...

antananarivo-zoo-tsimbazaza---2-.JPGDes beaux lacs avec des lémuriens sur les îles.

antananarivo-zoo-tsimbazaza---19-.JPGEncore un lac avec une multitude d'oiseaux dans les arbres.

antananarivo-zoo-tsimbazaza---7-.JPG
Oh ! Un lémurien
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