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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 12:31

Les grandes phases de cette semaine de festivités

Nous ne pouvons ici raconter en détails toutes les phases de cette semaine de festivités. En voici les principales :


Les préparatifs:

Durant une semaine les femmes mahoraises ont donné toute leur énergie, tout leur temps a été consacré aux «préparatifs» : réunir la dot, préparer les différents endroits où se déroulera la fête, contacter les femmes chargées des agapes, trouver les vêtements de fête : boubous, gilets, vestons... Ils se sont agités joyeusement et n'avaient que ça en tête.

Le jour « J » les hommes s’impliquent aux préparatifs : ils tuent le zébu et le cuisent. « Les femmes ne savent pas faire cuire le zébu aussi bien que nous, c’est pour cela que nous nous occupons de la viande » d’après les hommes Mahorais.

Pendant une semaine les femmes ont fait des kilos de gâteaux,  plats : pilao, bred cocos (cuire des feuilles de différentes plantes), manioc, bananes cuite, mataba (feuilles de manioc et lait de coco), les sauces pour le zébu…




pièce de stockage des gateaux et légumes


L’attente de la mariée:

Durant huit jours, la mariée est dans la maison que lui a construite sa famille ou que lui a cédée sa mère, dans sa chambre, sur son lit (souvent à baldaquins), maquillée et habillée le plus fastueusement possible. Elle reçoit la visite des invités et n’a en aucun cas le droit de mettre le nez dehors !


La réunion des hommes :

 

La première des festivités du « Grand mariage » est le Madjilisi, réunion exclusivement réservée aux hommes qui chantent des mélodies religieuses évoquant la vie du prophète.

 

La marche nuptiale:

Le «M’chogoro» - ou marche nuptiale - est l’une des festivités majeures du « Grand Mariage » et celle qui se déroule aux yeux de tous, dans les rues des villages. Il s’agit d’accompagner – très lentement ! - le marié chez sa femme qui l’attend, toujours sur son lit. Un cortège d’hommes et de femmes. Le cortège d’hommes est positionné devant le marié encadré par ses « témoins », lui ouvrant le chemin en chantant et dansant. Entêtant et lancinant ! Le marié et ses « témoins » (de 2 à 9 personnes, selon son choix) sont parés d’habits somptueux qui rappellent l’élégance des sultans. Protégés sous des ombrelles, rafraîchis par des éventails que des femmes agitent devant eux en marchant à reculons. Les femmes, membres du Shama, forment derrière ce cortège un groupe qui chante et danse le M’biou.
Parmi elles, deux ou trois femmes choisies dans le Shama exhibent à bout de bras les parures de bijoux de la mariée et la dot.

 


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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 12:36

La semaine dernière, nous avons eu l’honneur d’être invités à préparer et à participer à un mariage mahorais.





  A Mayotte le «Grand Mariage» (ou «Haroussi») est une fête exceptionnelle d’une durée d’une semaine qui, en plus de sceller – une deuxième fois - l’union d’un couple, est l’occasion pour les familles concernées et particulièrement celle du mari de montrer à tout le village, sinon à toute l’île, sa richesse.

Une «deuxième fois» parce que ce couple s’est d’abord - et souvent plusieurs années avant pour qu’il puisse réunir l’argent pour célébrer cette fête – marié sans faste devant le «cadi», juge et dépositaire du droit coranique. On peut assimiler cet acte à notre mariage civil métropolitain.

De la réussite de cet événement majeur, qui dure une semaine durant laquelle des dizaines de personnes (famille, amis et habitants du village du marié) sont invitées tous les jours à festoyer, dépend l’image même des familles concernées.

Les dépenses engagées sont exorbitantes : plus le mariage est coûteux, plus les familles qui le fêtent sont couvertes d’honneur !

Heureusement, la plupart du temps, les mères des deux familles appartiennent à des «Shamas», associations de femmes qui se mobilisent à cette occasion pour apporter à chaque famille l’aide logistique et financière nécessaire.
Traditionnellement, un Grand Mariage se célèbre une seule fois, aussi bien pour l’homme que pour la femme.
L’accomplissement de cette cérémonie permet à l’homme de passer du statut de «fils» à celui de «père» et d’accéder ainsi à une position sociale qui lui permet de participer avec les autres hommes aux débats nécessitant des prises de décisions concernant l’ensemble de la communauté.

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 11:12

Carte de Mayotte


Voici une carte de Mayotte. Je vous la mets en lien dans la partie "Liens" en haut à droite.
Je vous mets également une carte détaillée de Grande Terre et de Petite Terre.

Sur la carte de Petite Terre, nous habitons tout pile au bout, en bas, de la ligne de pointillés noirs à côté du nom de notre ville "Labattoir", 9 000 habitants.
Vous pouvez voir sur cette carte de Petite Terre le lac Dziani, les plages de Papani et de Moya (Moya 1 la plus au Sud et Moya 2 la plus au Nord).
Le lagon est en bleu clair. Il englobe bien toute Petite Terre !

Même si l'érosion a fait son oeuvre, l'origine volcanique de Mayotte lui donne un relief très accidenté.

L'île culmine à 660 m au mont Bénara, pour une île qui mesure une quarantaine de kilomètres du Nord au Sud. Cette hauteur peut être mise en rapport avec le sommet de l'île voisine d'Anjouan, plus jeune, où l'on peut monter jusqu'à plus de 1500 mètres sur une île à peine plus grande.


Même s'il est moins élevé que le Bénara, le mont Choungui (594 m) est plus visible, donc plus connu, grâce à sa forme très pointue dûe à la nature des roches volcaniques qui l'ont formé. L'ancienne cheminée du volcan qu'il fût, composée de roche très dure, s'est érodée moins rapidement et lui donne cette silhouette élancée.


Mayotte continue de s'enfoncer dans son lagon et finira un jour par disparaître, tout comme une ancienne voisine dont il ne reste plus que quelques récifs au Banc du Geyser, entre Mayotte et Madagascar.


La passe en S, entre Petite Terre et Bandrélé est l'une des nombreuses passes permettant l'accès au lagon. C'est ce qui reste de ce qui fut l'embouchure d'une rivière... il y a quelques centaines de milliers d'années. C'est également et surtout le plus beau spot de plongée à Mayotte.

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 07:52
Photo d'une nouvelle mosquée qui vient d'être construite à Passamainty au sud de mamoudzou.

 
Le Ramadan vient de se finir dimanche.

La pratique de l'Islam dans le monde se fait dans le respect de 5 piliers :
- la profession de foi
- les cinq prières quotidiennes
- la charité envers les pauvres
- le jeûne pendant le Ramadan
- le pélerinage à la Mecque pour ceux qui le peuvent

95 % des mahorais sont musulmans. En fait, quel que soit son comportement plus ou moins pratiquant, le mahorais est un musulman. Etre musulman pour un mahorais confirme son appartenance à la société mahoraise.

L'islam est modéré : les femmes ne sont pas voilées mais elles portent un châle. Certains jours d'ailleurs, certaines ne le portent pas. Au delà des considérations vestimentaires, la souplesse de l'Islam a Mayotte se mesure au respect de la liberté et des droits des femmes mahoraises.

Quand on vit à Mayotte, on vit sur une terre musulmane : la journée (et la nuit...) est rythmée par l'appel à la prière du muezzin dont la voix est portée grâce au minaret, le sommet de la mosquée. L'appel à la prière, si on finit par l'oublier dans la journée, se rappelle à nous la nuit vers 4 heures 30 du matin.
Ici les jours de fêtes musulmanes sont fériés. Pendant le ramadan, les horaires de travail et d'ouverture des commerces et administrations sont modifiés afin d'adapter la vie active à la religion. En effet, les jours de jeûne font ressentir une forte fatigue, l'après-midi.
Les hommes se déplacent dans le village pour aller prier à la mosquée en portant la tenue de prière (longue robe blanche appelée Djellaba et petit chapeau brodé appelé la chachia). 
La politesse et le savoir vivre veulent qu'on salue en arabe un mahorais en tenue de prière par un "Salam alikoum". Il répondra "Alikoum Salam" avec le sourire.
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 16:43
Aujourd'hui, fête du Patrimoine !

Nous sommes donc allés toute la journée sur Grande Terre, au sud de Sada sur la côte Ouest à l'écomusée de la Vanille et de l'Ylang. Cet écomusée est indiqué sur la carte de Grande Terre en lien en haut à droite de ce site, juste en dessous de Tahiti Plage.

Pour y aller, nous avons bargé puis nous avons pris un taxi brousse qui nous a déposé à Sada : les taxis brousse ne vont pas plus loin. Nous avons donc fait du stop pour rejoindre l'écomusée à 4 kilomètres. Le soleil cognait déjà très fort dès 8H du matin ! La première voiture de passage nous a directement amené à l'écomusée.

Au programme de ces journées du patrimoine, des stands permanents :
- l'utilisation de la coco : démonstration
- la maison typique mahoraise en terre : sa construction, sa configuration,...
- la conception d'un médicament pour les toux sèches à partir de 3 plante : ateliers,...
- la distillation de l'ylang-ylang pour en extraire les huiles essentielles : cela se fait avec un alambic http://chantecoucou.over-blog.com/article-15372761.html


- l'écomusée en lui-même : explication des plantes ylang-ylang et vanille et exploitation

L'ylang-ylang est une plante aromatique. Son essence demeure la principale production exportée mais on observe un déclin depuis 10 ans en raison de la faible rémunération de cette activité, la hausse des coûts salariaux n'ayant été compensée ni par les gains de productivité ni par une hausse de prix significative.

Voici une photo d'un arbre à ylang-ylang

 

   fleur d'Ylang-Ylang

 

 

Petite visite du Préfet à l'écomusée :  il est arrivé le 17 août (après nous) à Mayotte. Il a toujours géré les dossiers des DOM-TOM au Ministère et est nommé pour mettre en place la départementalisation de Mayotte : événement historique car ce sera sans doute le dernier nouveau département de France !

De 11H à 12H30 : pièce de théâtre par la troupe "Les enfants de Mabawa" de Kani Kéli (tout au Sud de Grande Terre). Ils ont gagné un prix au festival des DOM-TOM et vont concourir en métropole. La pièce était magnifique. On en a pleuré de rire et d'émotion ! Chaque scène était coupée par des chants et danses d'ici. La pièce, très engagée, ironisait la polygamie, les mariages forcés, la place de la femme, le problème des ordures,... superbe !

Repas du midi pris sur place : 2 jus de tamarin, 6 samoussas (beignets triangulaires à la viande hachée) et ... 3 crêpes au nutella ! 2 repas pour 3€ tout compris!!!!

L'après-midi, une troupe très réputée de danse était prévue mais elle a été annulée pour cause de cordes de pluie. Nous découvrons petit à petit qu'il y a des micro-climats ici. Il pleut quasiment tous les jours sur le centre, centre-sud de Grande Terre. Il ne pleut quasiment jamais sur Petite Terre ! 4 averses de 15 minutes en 37 jours...

Nous sommes rentrés en stop : en 3 étapes avec des gens très intéressants !
2 mahorais en 4x4 se sont même arrêtés faire des courses en nous laissant dedans avec les clés sur le contact... Zénitude on vous dit.

Nous vivons depuis plus d'un mois sans voiture. Cela nous sert à rien sur Petite Terre car l'école est à 8 minutes à pied, le supermarché à 10 minutes. Il n'y a aucun point à plus de 30 minutes à Petite Terre (c'est le cas de l'aéroport). Sur Grande terre, le taxi brousse est très pratique !
Trop de métropolitains ont une voiture. Avec l'augmentation de fonctionnaires de métropole, le nombre de voitures sur l'île augmente dangereusement et crée de la pollution et des bouchons très longs aux alentours de Mamoudzou...

Le rythme des articles va fortement diminuer car 2 invités arrivent demain. Nous allons donc nous consacrer à eux et il faudra partager encore plus la connexion et les appels. Ne soyez pas surpris !
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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 20:07








La vue en face de chez nous.












La rue sur la droite de notre maison.




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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 17:06
Voici notre Brochetti!!

 





Voici le "Brochettis" en lui même : petite cahute qui ouvre à la tombée de la nuit avec projection sous le porche. La mer entoure cette petite place.



Vous ne pouvez séjourner à Mayotte sans avoir fait découvrir à vos papilles les brochettis... Au menu : brochettes de zébu (ou d'une autre viande), de poisson, mabawas (ailes de poulet), manioc, fruit à pain, bananes... Le tout arrosé de votre soda préféré,  idéal pour dissoudre ce qui doit l'être !

Si les brochettis de brousse peuvent vous laisser perplexe, et je vous comprends, si vous ne souhaitez pas gouter à la viande qui a doucement décongelé entre le magasin et le barbecue, qui a été  découpée avec amour à même le sol avec une belle lame rouillée... Vous pouvez vous rabattre sur le brochetti du stade de Cavani, ou au Four à Chaud (le notre) à Labattoir.

Notre Brochetti est ouvert tous les soirs (sauf le lundi) à partir de 18h30, ambiance assurée!! (music des iles voisines). c'est notre sanctuaire du dimanche soir.

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